Transformer « Big Brother » en grand frère citoyen

Spécialiste des technologies d’entrepôt de données, Pierre Bourguet conclut sa trilogie sur les grands volumes d’information (big data).

 

« Liberté, égalité,… données préservées. Internet ne respecte pas toujours cette devise d’une République du numérique qui reste à inventer. Dans un monde virtuel idéal, les données personnelles des citoyens devraient rester leur pleine et entière possession. À l’image du dossier médical personnalisé (DMP), toute personne devrait disposer en permanence d’un droit d’accès et de regard sur les informations collectées à son sujet, sur les entreprises et les organismes qui les consultent et les usages qu’elles en font.

Abus de collecte et d’interprétations

Or, dans la réalité, le secteur privé, avide de ces informations, manque encore souvent de déontologie et de maturité. Le « casse » numérique s’effectue en deux temps. Tout d’abord en lâchant des myriades d’espions sur Internet, qui répondent aux doux noms de bots, crawlers, scatters, ants, spiders, harvesters, cookies, soit autant de programmes qui sondent en continu nos actes, opinions et mouvements sur la toile, à notre insu. Puis en interprétant les données ainsi recueillies, sans notre consentement.

Non seulement l’individu se voit dépossédé d’une matière qui lui est propre : ses visites de sites d’information ou de commerce électronique, ses avis, localisations, photographies et commentaires exprimés au travers des réseaux sociaux. Mais en prime, les annonceurs interprètent à tort et à travers l’ensemble de ces manifestations, à coups d’algorithmes dépourvus de toute pondération morale.

Loyauté

En soi cependant, le big data n’engendre pas de big brother. La loi informatique et liberté a depuis longtemps posé le cadre d’une collecte licite et loyale des données qui, utilisées à bon escient, sont utiles aux citoyens comme aux consommateurs. Que dit la législation justement ? Que toute collecte d’informations sur une personne nécessite au préalable de l’en informer. Que l’entreprise ou l’administration détentrice de ces données doit garantir leur confidentialité (or, récemment, un réseau professionnel international s’est fait pirater les mots de passe de centaines de milliers de ses utilisateurs). Que le citoyen doit pouvoir connaître les destinataires de l’information, et être en mesure de restreindre ces accès au cas par cas.

Si à la fin du XVIIème siècle, la France a su exprimer un message universel à travers la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, pourquoi ne reprendrait-elle pas aujourd’hui ce flambeau à l’échelle de l’Internet ? Au-delà, il incombe à toutes les parties prenantes (individus, entreprises, administrations, organes de régulation) de veiller à ce que le vaste terrain de l’information numérique ne se transforme pas en chasse gardée des big brothers de toutes natures.

 

Les articles précédents :
Big data : la grenouille qui se voulait plus grosse que le bœuf
Big buzz : le sens caché du Big Data

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