Internet des objets, la nouvelle révolution industrielle

Par la Rédaction ORSYS

On associe spontanément le terme d’objets connectés à des usages grand public. Il renvoie aux bracelets d’automesure (quantified self) et autres vêtements connectés (wearables), très prisés des habitués des salles de fitness. Les détecteurs de choc, de fumée ou de fuite de gaz protègent, eux, notre maison tout en réduisant notre consommation d’énergie. Ce n’est que la face émergée d’un phénomène plus important.

Les industriels s’emparent progressivement de l’Internet des objets (IoT). A partir de capteurs mesurant la chaleur, l’humidité, la pression, l’accélération ou les vibrations, ils peuvent relever l’information à distance.

Ces capteurs sont aussi utilisés pour connaître en temps réel l’état de santé d’un équipement, évaluer son niveau de performance (disponibilité, temps de latence…), repérer d’éventuels dysfonctionnements et, au final, prévenir les pannes.

Le déploiement massif de ces capteurs est rendu possible par la baisse des coûts. Un capteur de vibration avec un microcontrôleur, une puce et un logiciel embarqué revient à moins d’un dollar.

Du coup, les cas d’usage se multiplient dans les secteurs du manufacturing, de l’énergie ou des transports (aéronautique, automobile, ferroviaire). Le concept de ville intelligente (smart city) dépend aussi étroitement des données remontées par les objets connectés. Selon une étude d’Accenture, l’apport de l’IoT industriel à l’économie mondiale pourrait s’élever à 15 trillions de dollars à horizon 2030.

La SNCF, Airbus, Michelin ou Engie voient des capteurs partout

En France, les annonces d’IoT industriel se sont multipliées ces derniers mois. Mi-avril, Guillaume Pepy, président de la SNCF, présentait son plan d’« internet industriel » chiffré à 500 millions d’euros. Le groupe de transport ferroviaire entend déployer des millions de capteurs qui participeront à la surveillance des gares, à l’entretien des voies ou à la maintenance prédictive des rames.

Airbus a, lui, bardé son A380 de quelque 300 000 capteurs qui génèrent, en moyenne, 16 To de données par vol. De quoi faire baisser le coût de la maintenance qui, après le carburant, représente le plus gros poste de dépense dans le secteur aéronautique.

Toujours dans les transports, Michelin commercialise un pneu « connecté » équipé d’une puce RFID. Les données collectées permettent à un gestionnaire de flotte de poids lourds de savoir quand immobiliser un camion pour procéder à un gonflage ou à un changement de pneumatiques.

Le secteur de l’énergie voit aussi des capteurs partout. Cofely Services, filiale d’Engie spécialisée dans la performance énergétique des habitations collectives, entend déployer 100 000 objets connectés d’ici 2018. Objectif : industrialiser la remontée des informations, telles que les consommations d’eau et de gaz tout en décelant les anomalies.

De son côté, Suez Environnement a mis en place, il y a un an, son « smart operation center ». Basé au Pecq (Yvelines), ce centre supervise en continu les infrastructures de télérelève des compteurs d’eau des collectivités locales. Il peut détecter au plus tôt tout incident – fuite, panne compteur, chute du niveau de pression… -, et alerter les gestionnaires locaux du service de l’eau.

Retard à l’allumage en France

Au-delà de ces entreprises emblématiques, la France accuse un certain retard. Selon une étude de Pierre Audoin Consultants (PAC), portant sur 150 entreprises industrielles de plus de 500 personnes, seules 35% d’entre elles avaient, fin 2015, entamé une réflexion sur l’IoT et environ 10 % avaient véritablement mis en place une stratégie sur le sujet.

PAC tempère ces mauvais chiffres en invoquant « la difficulté à mettre en place une stratégie sur un sujet « émergent » sur lequel les Use Cases ne sont pas simples à identifier et les offres ne sont encore ni standardisées ni très matures. »

C’est au niveau des processus de traçabilité que les industriels sont les plus nombreux à avoir déjà réalisé des projets (27%), suivi par la gestion de la production (22%), puis l’amélioration de services existants (17%).

Les objectifs mis en avant par les industriels sont davantage centrés sur l’existant – améliorer la productivité, baisser les coûts, rester compétitif… – que conduits dans un esprit de conquête – améliorer la satisfaction client, augmenter les revenus…

L’IoT, étroitement associé au Big Data et au Cloud

La mise en œuvre d’un projet IoT reste, il est vrai, complexe. Elle suppose d’assurer l’intégration de couches matérielles et logicielles et leur interopérabilité. L’IoT est aussi étroitement associé au Big Data, pour l’analyse des données, et au Cloud pour la puissance de calcul.

En termes de réseaux bas débit optimisés pour les objets connectés, deux camps s’affrontent. SFR s’est associé au français Sigfox. Orange et Bouygues Telecom ont, eux, rejoint l’alliance des entreprises qui ont adopté la technologie LoRa (Long Range wide area network) dont Cisco, HP ou IBM.

Cette multiplicité de facettes a conduit, en 2015, le gouvernement à fondre le plan de la Nouvelle France Industrielle dédiée aux objets connectés dans un plan plus vaste baptisé « Industrie du Futur » associant l’IoT à la robotique, la réalité augmentée ou l’impression 3D.

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Commentaires

2 réponses à Internet des objets, la nouvelle révolution industrielle

  1. Contenu VR dit :

    Bonsoir un grand bravo pour la qualité de votre analyse. Nous aimerions vous faire découvrir les nouveautés en réalité virtuelle du groupe AdOn. D’avance merci.

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