« Digital : c’est aux dirigeants de se poser les questions ! » 2


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BYOD, big data, cloud… Les nouvelles technologies numériques ouvrent des opportunités de croissance sans pareilles aux entreprises. Celles-ci doivent toutefois repenser leur organisation… Commentaires avec Yannick Delsahut*, fondateur de la société GoldStark et spécialiste du digital.

L’entreprise est-elle « numérique » ou « digitale » ?

Si le terme « numérique » fait référence aux technologies – site web, Facebook, appli mobile…–, le digital évoque plutôt l’utilisation que l’on va en avoir : il résulte du mix technologie et du marketing client. Aujourd’hui, je vais sur un site, on collecte mes données, mon profil, mon comportement… ces données seront analysées afin de me faire des offres adaptées. Le digital, c’est en fait l’usage qu’on fera, dans une stratégie globale de communication et d’utilisation, de ces données. Quand Nike vous propose des chaussures avec des connecteurs pour suivre votre activité, c’est une technologie, mais quand Nike commence à mieux comprendre votre profil, votre comportement, et vous offre des services pour mieux vous accompagner au quotidien, c’est du digital.

nellestechnos2Quel impact réel a le digital sur l’entreprise ?

Deux « révolutions » me semblent majeures. La première, c’est que les moyens de collecte des données sont de plus en plus diversifiés en plus des moyens « classiques » (formulaires, visites de site…). Objets connectés, montres, lunettes… ces technologies envahissent notre environnement au quotidien. La deuxième, c’est que ces objets vont communiquer quasiment en permanence. Il y aura des masses de données colossales à traiter, d’où le terme « big data ». Les entreprises veulent aujourd’hui collecter des informations en quantité afin de les analyser, prendre des décisions le plus rapidement possible. Mais un grand nombre d’entre elles ne seront prêtes ni financièrement ni techniquement.

Est-ce une question de réseaux ?

La question des réseaux est en effet cruciale : ils sont susceptibles d’être saturés par le poids des données. Toutes les entreprises ne peuvent s’offrir des silos de données pharaoniques, et certaines ont aujourd’hui des informatiques en situation critique, où cela ne « répond » déjà plus dans la journée, en raison du nombre de demandes. Avec l’arrivée des mobiles, du BYOD**, les clients, les employés des entreprises utilisent leurs outils mobiles en temps réel, créant des pics de trafic au-delà de la normale. D’où l’intérêt du Cloud, des informatiques à géométrie variable, capables d’absorber des trafics quels qu’ils soient.

Comment, alors, faire face ?

L’entreprise doit s’interroger sur le moyen d’intégrer cette technologie, pour quelle utilisation. Pour ma part, la question de fond réside dans la gouvernance : que veulent en faire les dirigeants ? Proposer une montre connectée, récolter des datas, etc. coûte cher et impacte le coût d’acquisition client. C’est pourquoi il est nécessaire de se poser les questions fondamentales sur les besoins, et d’y aller par étapes.

Cela peut se traduire en réorganisation à terme, sollicitant plus le « collaboratif ». Il n’est plus question de conflit d’intérêts dans l’entreprise : les départements doivent collaborer. Imaginez une entreprise où l’un des services travaille sur le web, l’autre sur le mobile et le troisième, la communication. Ces services doivent agir ensemble, s’échanger les datas pour bien traiter le digital. Prenons l’exemple de Microsoft : l’entreprise a restructuré récemment son organisation afin de renforcer une approche commune et globale.

En parallèle, qu’en est-il des outils de l’entreprise ?

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L’ergonomie des outils doit également être repensée afin de communiquer différemment. Plus allégée, responsive, elle est pensée dans plusieurs formats. C’est complexe parce qu’il s’agit, en même temps, de privilégier les questions de sécurité pour garantir le bon fonctionnement de l’entreprise.

Si toutes les entreprises sont conscientes que personne n’est à l’abri du piratage, il est nécessaire de s’interroger sur le « quand » et le « comment » prévenir, et surtout « qu’est-ce qui peut être volé ? ». C’est aujourd’hui le rôle des responsables de datas – les « data officers » – qui doivent être à même de détecter, à travers les trafics anormaux, les collectes de données, offrant un nouveau rôle au big data.

La sécurité, qui était une préoccupation quotidienne dans les domaines informatiques, est aujourd’hui une question de priorité avec le Big Data. Même si l’on décide de migrer toutes ses données dans un cloud, chez un prestataire, il faut s’interroger : où est ce Cloud, quel est son niveau de sécurité, à qui appartient-il, mon métier – je pense au secteur médical ou à la finance – m’autorise-t-il à stocker les données de mes clients à Hong-Kong, au Royaume-Uni ou aux États-Unis ? Tout le monde a en tête la grande base de données marketing de Google : où est cette base ? Qu’en fait Google et qu’utilise-t-il ? Même débat avec Facebook : beaucoup d’entreprises rêveraient de connaître ainsi le profil de leurs clients. Les données représentent un vaste chantier…

C’est un discours un peu anxiogène pour l’entreprise…

Il reste en effet beaucoup à faire, mais ce sont autant d’opportunités à saisir : les cartes peuvent être redistribuées. Une grosse structure où la hiérarchie est forte aura plus de difficultés à prendre une décision rapidement, ce qui est le mode de fonctionnement propre aux startup ou aux petites structures. Certaines entreprises, en situation d’urgence, doivent se réveiller rapidement et s’interroger à propos de leur gouvernance, de leur manière de pratiquer leur business… au risque de rater le train du digital. Et même les entreprises monopolistiques, les très grands groupes qui auraient pu dans le passé rester sereins, sont concernés, alors que certaines petites entreprises peuvent encore tirer leur épingle du jeu. Il nous reste en mémoire le cas de Kodak face à l’arrivée du numérique…

Le digital est un chantier à aborder dès à présent : provisionner les moyens, s’interroger sur son informatique, sa maturité, réorganiser des partenariats en externalisant peut-être chez des tiers…

Un chantier à porter au plus haut dans l’entreprise, car l’informatique ne peut être seule décisionnaire sur ce type de sujet. C’est à la gouvernance, aux dirigeants, de se poser toutes ces questions. En ce qui concerne le séminaire Orsys La révolution digitale : synthèse sur l’évolution des technologies , l’idéal serait de voir y assister des gens venant du marketing, de la technique, des décideurs, des chefs de projets… réunis afin de mieux comprendre l’ensemble de la chaîne. C’est tout l’intérêt de ces séminaires où l’on aborde à peu près quinze chapitres différents, le rôle du réseau, le poste client, le poste serveur…

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**Bring your own device

Séminaires associés :

NTI   La révolution digitale : synthèse sur l’évolution des technologies

TUN   L’ENTREPRISE NUMERIQUE : élaborer une stratégie pour la performance 

IRT   Les TECHNOLOGIES du WEB, synthèse

TEC   Nouvelles TECHNOLOGIES informatiques, synthèse

IOB   Internet des objets, synthèse

BYO   Bring Your Own Device (BYOD), enjeux et solutions

BGA   BIG DATA, synthèse

AAS   CLOUD Computing, synthèse

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