Le lâcher-prise, comment accepter ses limites ? 2


Parmi les causes les plus répandues de stress (pas seulement professionnel), on note le manque de lâcher-prise. Il peut être présent dans chaque aspect du quotidien. Mais que signifie-t-il vraiment et surtout comment s’en défaire ? Sylvie Thibault* nous aide à décrypter ce phénomène, familier en contexte professionnel.

Le manque de lâcher-prise

Le lâcher-prise se manifeste comme le stress. Une série de symptômes tels que : le ras-le-bol, le sentiment de persécution, le sentiment d’injustice, le fait de subir les choses ou encore le fait d’être overbooké. Et tout comme le stress, il a des conséquences sur la santé, sur le sommeil et peut développer des pathologies qui lui sont liées (phobies, maux…).

Le manque de lâcher-prise est l’expression du « je veux tout contrôler ». Quand le stress est une réaction plutôt physiologique, le manque de lâcher-prise correspond davantage à une réaction émotionnelle. De ce fait, il ne prend pas forme uniquement par une surproduction professionnelle mais aussi par la volonté d’agir sur la négativité globale de l’environnement. En milieu professionnel, cela se traduit par : un manque de délégation, se rendre indispensable dans la structure, partir de plus en plus tard et devoir travailler durant son temps personnel…mais aussi des conséquences négatives pour la santé, pour l’équipe (agressivité, gestion du temps etc.)…

Comme pour le stress, toutes les natures ne sont pas concernées par une réaction excessive face à des changements.

On notera que certaines natures ont plus tendance à tomber dans les abymes du manque de lâcher-prise. Pourquoi ? Parce qu’en lui-même il peut s’apparenter aux fondements d’une certaine philosophie de vie. Mais il est également reconnu que le manque de lâcher-prise est favorisé par une éducation rigide, des échecs difficiles à accepter, l’habitude d’une certaine exigence demandée…

Pour favoriser le lâcher-prise, il faudrait commencer par se demander « qu’est-ce qu’il se passerait si je ne le faisais pas ? » et apprendre à faire la part des choses entre ce qui est de son ressort et ce qui ne l’est pas. D’autres natures auront en général plus tendance à prendre le temps de la réflexion avant de réagir et le temps de faire changer les choses.

Le lâcher-prise, c’est accepter ses limites

Une fois la conscience éveillée sur un manque de lâcher-prise, il convient d’entamer un état des lieux. Commencer par accepter l’idée d’avoir des limites et comprendre pourquoi lâcher-prise peut être difficile.

Sortir du manque de lâcher-prise, cela veut dire sortir de sa zone de confort. Cela demande d’accepter de ne plus tout maîtriser, prendre le risque de perdre ses repères. Pour autant, des solutions existent :

– Lister les situations qu’on a le sentiment de subir.

– Apprendre à se concentrer sur ses propres tâches et pas sur celles de l’ensemble du service en commençant par déterminer ce qui est de sa propre responsabilité ou non.

– Prendre du recul : assimiler que rien n’est personnel. À titre d’exemple, les transports en commun. Arriver en retard à cause d’un problème de circulation n’est pas une responsabilité personnelle, ce n’est pas grave non plus.

– Se focaliser sur ce qui marche et non l’inverse.

– Eviter le manque de communication mais aussi l’effet Caliméro*.

– Analyser ses propres craintes bloquantes.

– Passer un contrat, se fixer des objectifs et les noter. Nouveaux objectifs, nouveaux principes que l’on passe avec soi. Ce contrat nécessite de savoir réévaluer la situation qui pose problème, mais aussi de poser les bases d’une remise en question qui doit être constante.

Prioriser : à l’aide de la matrice d’Eisenhower ou la matrice des choix de priorités, déterminer selon ses préférences mais également selon les impératifs professionnels ce qui doit passer avant. Cela permet une mise en perspective des objectifs personnels autant que professionnels.

Apprendre à dire non.

– Se prendre un temps pour soi, si je vais bien avec moi-même, je serai mieux avec l’environnement et dans mes fonctions.

Le lâcher-prise rime avec souplesse. Il faut savoir ne pas se laisser ancrer dans des principes trop rigides et mettre en place une auto-évaluation qui vise à répondre à cette question constamment : est-ce que je me sens mieux ?

Lâcher-prise, c’est choisir d’être heureux

Savoir lâcher-prise, c’est comprendre que nous n’avons pas de pouvoir sur toute chose. C’est une philosophie du « faire avec » en appliquant les règles de déculpabilisation sans pour autant se déresponsabiliser. Lâcher-prise ne veut pas dire prendre les choses à la légère mais avoir conscience de la nécessité d’un certain détachement en acceptant les événements tels qu’ils sont.

Afin de faire une place au positif, il existe quelques clés de développement personnel :

– Veiller à employer un vocabulaire positif

– Avoir une vision large sur ses attentes

– Se fixer les objectifs qu’on veut

– Rester factuel

– Accepter de se tromper

Le lâcher-prise s’opère en cultivant une philosophie positive et constructive. Par exemple avec la visualisation mentale, un principe de projection qui emmène vers le positif. Il est important d’anticiper afin d’avoir les clés de réponse en cas de problème, mais il est encore plus important de savoir penser au meilleur scénario possible. Être porteur d’optimisme et d’énergie positive serait en quelque sorte une façon de ne pas laisser de place à la négativité et donc à la pression.

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Savoir lâcher-prise et prendre du recul

Lâcher-prise – Niveau 2, entraînement intensif

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Pour aller plus loin :

Voir ou revoir notre vidéo Lâcher-prise – Niveau 2, entraînement intensif

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*Caliméro : personnage de fiction italien malchanceux dont la célèbre réplique « C’est vraiment trop inzuste ! » le caractérise.

 

Sylvie Thibault, spécialiste du développement personnel. Avec un master en programmation neurolinguistique, elle accompagne et forme notamment au lâcher-prise mais aussi en techniques de communication et management.

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