Reporting financier : enjeux et problématiques


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Reporting financier

Parmi les fondamentaux de la stratégie d’entreprise, il y a le reporting financier. Outil complexe et indispensable, il permet de faire le point sur la situation d’une entreprise dans la gestion de projets. Sofia Khalfat* nous aide à en expliquer les aspects les plus problématiques.

 

Outil de pilotage au service de l’entreprise, quels sont les enjeux du reporting financier ?

En effet, les enjeux métier exigent de disposer de réponses rapides et ciblées sur les indicateurs clés financiers : les marges, les coûts opérationnels, l’évolution du BFR, les cash-flows, la rentabilité… Cela nécessite d’appréhender globalement les performances et les risques de l’entreprise. ET ce, avec un pilotage performant facilitant la prise de décisions et la mise en place d’un plan d’actions.

Face aux exigences liées au reporting, il est essentiel de fiabiliser et d’accélérer les processus de remontée des informations financières.

Ce besoin n’est pas nouveau. Il est permanent car il exige d’améliorer la productivité par l’automatisation des processus dans des organisations constamment évolutives. Il nécessite donc à un moment ou un autre d’analyser la pertinence du système d’information mis en place dans la production du reporting et si besoin, de s’équiper d’un nouveau logiciel permettant de couvrir la nouvelle complexité des organisations et l’harmonisation des référentiels au niveau d’un groupe de société décentralisée.

 

Quels conseils pouvez-vous apporter pour améliorer la qualité de l’information d’un reporting financier ?

Zoom sur les statistiques

Tout d’abord, identifier et travailler à éliminer les dysfonctionnements qui empêchent l’élaboration de rapports fiables et pertinents, comme par exemple :

➢ Le défaut d’automatisation ou une automatisation partielle, consommatrice de temps et source d’erreurs. Beaucoup des difficultés rencontrées dans le reporting peuvent être attribuées à la saisie manuelle des données, au maintien de processus manuels ou parallèles, qui mobilisent une quantité considérable de temps et de ressources.

➢ L’utilisation massive des feuilles de calcul avec des formules complexes et des liens entre fichiers mal maîtrisés par l’utilisateur qui manque de temps, et n’a donc pas pu se former correctement.

Les feuilles de calcul peuvent être des outils précieux ; toutefois, tout professionnel de la finance connait leurs défauts : risque de travailler sur des versions différentes, forte probabilité d’erreur notamment au niveau des formules et des liens, désaccords sur la version correcte…

➢ Un reporting extrêmement détaillé avec une multitude d’indicateurs plus ou moins fiables : en plus des indicateurs de base que produit tout reporting financier, chiffre d’affaires, marge brute d’exploitation, encours client… Il vaut mieux 3 indicateurs métiers hyper-fiables que 10 plus ou moins crédibles.

➢ A ce niveau, il peut y avoir comme problème l’absence d’intégration avec les autres systèmes de l’entreprise, des interfaces utilisateurs devenues désuètes, des outils de reporting ou de tableaux de bord anciens et obsolètes avec la mise en place de solutions parallèles en doublon pour compenser les manques fonctionnels.

➢ L’absence d’intégration : les applications ne sont pas systématiquement intégrées entre les différentes divisions d’une entreprise… Avec le risque que chaque unité opère avec son propre système.

➢ Un reporting inadapté car l’entreprise a évolué : elle a diversifié ses activités, changé de stratégie, racheté un concurrent, pris pied à l’international… et conservé son système de reporting initial. Avec le risque grandissant que celui-ci fausse la perception des managers, en ignorant la nouvelle complexité de leur environnement ou de leurs marchés, en délivrant des indicateurs qui correspondent à une organisation, un business model devenu obsolète.

 

En conclusion

Il est clair que l’impact de ces défis varie d’une organisation à l’autre. Mais elles subissent toutes au moins un effet : la perte de la qualité et de la fiabilité du dispositif de pilotage et des outils de reporting.

Donc, dans une conjoncture en évolution permanente, que l’entreprise soit en croissance, en crise, en restructuration, en phase de fusion-acquisition, quelle que soit sa situation, il est essentiel de construire un reporting sur-mesure, flexible et adapté au métier et à l’environnement économique de l’entreprise, en adéquation avec son évolution et les technologies actuelles et de savoir anticiper les processus d’actualisation et d’évolution des indicateurs clés.

 

Sofia KHALFAT

 *SOFIA KHALFAT

Pragmatique, opérationnelle avec le sens du résultat. Elle a plus de 25 ans d’expérience au sein de PME et de filiales de groupes internationaux en Direction Financière, Contrôle de gestion et Comptabilité. Elle est désormais Directrice financière à temps partagé et Consultante/formatrice en gestion financière notamment pour ORSYS.

 

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