La formation professionnelle à l’heure du numérique


La formation professionnelle à l’heure du numérique

MOOCS et/ou e-learning, on en est où ?

Depuis trois ans, les « Massive Open Online Courses », formations à distance ouvertes à un grand nombre de participants, connaissent un bel engouement. De même que ses déclinaisons d’entreprise, les COOCS (Corporate Open Online Course), ou les SPOCS (Small Private Online Courses) à accès restreint.

A la différence de l’e-learning où l’apprenant se retrouve seul devant son écran – ce qui ne facilite pas la motivation – les MOOCS alternent les formats : cours en vidéo, supports écrits ou quizz. Ils font aussi appel aux réseaux sociaux et aux forums de discussions pour créer des communautés d’échanges entre apprenants.

Avec ce que l’on appelle l’adaptive learning, un concept mêlant Big Data et sciences cognitives, le parcours pédagogique s’adapte même au profil et aux comportements du stagiaire. Si ce dernier a une mémoire plutôt visuelle, il recevra la retranscription texte d’une vidéo. S’il semble distrait ou fatigué, le système lui proposera un exercice ludique de type serious game pour regagner son attention.

Les MOOCS montent aussi en gamme. Au-delà de la foison de modules gratuits, on trouve des cursus certifiants voire diplômants. Pôle emploi lui-même fédère, sur son Emploi Store, un certain nombre de plateformes de MOOCS. Ces cursus étalés sur plusieurs semaines voire plusieurs mois cohabitent avec des formats courts comme les tutoriels vidéos, les webinaires ou les conférences de type TED.

 

S’auto-former tout au long de la vie

Cet apprentissage en ligne répond aux attentes d’un nombre croissant de salariés – en particulier des jeunes actifs de la génération Y – de prendre en main leur employabilité. Avec la transformation numérique, la formation voire l’auto-formation tout au long de la vie devient un passage obligé.

Qui peut encore croire qu’il ne changera pas de métier et/ou d’employeur au cours de sa carrière ? Pourquoi dès lors attendre que la DRH vous accorde un stage alors que le Web regorge de ressources pédagogiques ? La mise en place du Compte personnel de formation (CPF) participe de cette réappropriation de la formation professionnelle.

Cette individualisation des parcours s’accompagne dans le même temps d’une mutualisation des savoirs avec le « social learning ». Il s’agit là de capitaliser sur la connaissance informelle en la partageant entre collègues. Vive les réseaux sociaux d’entreprise, les plateformes de knowledge management ou les suites collaboratives de type Office 365 de Microsoft ou G Suite de Google. Ce savoir est aussi disséminé à l’extérieur de l’entreprise dans les blogs d’experts ou les wikis auxquels tout à chacun peut s’abonner.

La formation présentielle reste incontournable

Formation numérique

Est-ce que cette digitalisation de la formation signe la fin de la formation présentielle ? Non et pour plusieurs raisons*. Les experts sont unanimes à reconnaître que ce sont les parcours mixtes (blended learning) mêlant cours en ligne, tutorat virtuel, présentiel et collaboratif qui présentent les plus grandes chances de succès.

On attend d’ailleurs du formateur qu’il sélectionne les meilleurs contenus dans l’immensité de la Toile, qu’il scénarise les parcours, en et hors ligne. Il tire d’ailleurs parti du numérique pour rendre sa formation plus innovante et performante. Philippe Argouges, formateur indépendant et expert ORSYS en ingénierie de la formation l’explique dans l’article : « Pourquoi et comment intégrer le digital dans la formation ? »

 

Evoluant vers le coaching et l’animation de communauté, le formateur reste incontournable dans les mises en situation. Et pour les jeux de rôles, la personnalisation de son cours au regard du contexte professionnel que connaît l’apprenant.

Enfin, l’homme reste un être social

La formation présentielle, surtout si elle est interentreprises, lui permet de sortir de son quotidien et d’être pleinement réceptif à l’enseignement. Il peut aussi partager ses expériences avec les autres salariés formés, faire du networking. On sait aussi l’importance de poser une question à un pair là où on n’ose pas le faire auprès d’un tuteur.

Face à ce besoin de rencontres physiques, le numérique introduit d’ailleurs des tiers-lieux comme des fab labs. Ou encore des espaces d’Open Innovation où des gens venant d’horizons divers confrontent leurs connaissances et leurs idées.

La formation présentielle permet, enfin, d’encadrer l’exercice et éviter les interférences entre vie professionnelle et vie privée. Avec un MOOC, un collaborateur peut apprendre à toute heure et en tout lieu, sur son Smartphone dans le métro lors de son trajet travail-domicile, le soir sur sa tablette niché dans son canapé. Une confusion de genres qui contrevient au droit à la déconnexion en vigueur depuis le 1er janvier !

*Relire l’interview de Michel Belli, DG d’ORSYS, dans les interviews de la formation

Et pour tout savoir sur les modalités de formations digitales chez ORSYS : Digital Learning

Share

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *