En logistique, anticiper c’est la clé 4


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Logistique

 

Emmanuelle Meyer*, consultante logistique et Supply Chain, formatrice pour ORSYS, nous éclaire sur les mutations de ce métier.

 

Quelles sont les principales mutations qui poussent la logistique à évoluer ?

Emmanuelle Meyer : Expérimentation de livraison avec des drones, présence de robots en entrepôt, arrivée de l’IA, pour diminuer les coûts énergétiques… l’innovation touche particulièrement les métiers de la logistique. Certes, le niveau de maturité n’est pas le même d’une entreprise à l’autre. Ces innovations sont chères et toutes ne peuvent les expérimenter.

Mais face à une concurrence exacerbée et dans un contexte de distribution gouverné par le net, cela nécessite de travailler de plus en plus vite pour répondre aux désirs des clients (et non à leurs besoins). On doit, alors, trouver les outils pour automatiser, livrer plus rapidement… optimiser !

Des innovations qui touchent le logisticien ?

E.M. : Tout à fait, car piloter des drones ce n’est pas la même chose que piloter des êtres humains ! Le métier se voit de plus en plus informatisé. Les process sont devenus stratégiques. Le logisticien, beaucoup plus impliqué par les systèmes d’information, a besoin d’outils de pilotage. On est ainsi passé d’une simple préparation de commande à une intégration dans un process global et transversal d’Order to cash, ou d’Order to deliver, de la prise en charge du produit jusqu’à la livraison, par exemple.

L’idée est d’intégrer le maximum d’informations en amont afin d’améliorer, à travers la chaîne logistique, la fluidité des flux physiques et donc, en concomitance, les flux financiers. L’analyse des coûts complets – s­ouvent appelée par les entreprises Total Cost of Ownership (TCO) – ou l’analyse du cost of doing business permet la mise en valeur d’un certain nombre de dysfonctionnements dont les coûts s’ajoutent au prix initial du produit, rognant ainsi la marge.

Un pilotage plus large désormais

Il y a encore quelques années, le métier couvrait un champ assez restreint, concernant essentiellement les opérations d’entreposage et de transport. Aujourd’hui, il englobe de plus en plus des fonctions de pilotage. Il s’agit de s’intéresser à ce qui se passe en amont des opérations (interfaçage avec les fournisseurs), puis en aval (besoins clients).

Logistique

L’objectif ? Mieux anticiper et rechercher la fluidité sur l’ensemble de la chaîne logistique.

Par exemple, beaucoup d’entreprises développent des outils de traçabilité de leurs produits, de A à Z. Obtenir un tracking absolu (et non pas uniquement chez le transporteur ou chez le fournisseur…) permet de gagner du temps sur les inventaires grâce à une vision sur les stocks, et de s’interroger sur les flux.

Aujourd’hui, le rôle du logisticien consiste à être présent de façon transverse afin d’optimiser, c’est-à-dire travailler sur la planification, la massification, les relations avec les douanes… Bref, anticiper pour bien exécuter la prestation transport ou logistique. Par exemple, on sait que 70 % du coût de préparation de la commande c’est du mouvement. On va donc essayer de réduire les mouvements, et de faire en sorte que tout ce qui entre dans l’entrepôt sorte en l’état.

Il faut donc analyser comment les marchandises doivent sortir et préparer les entrées en conséquence. Cela nécessite d’échanger avec les acheteurs qui négocient avec les fournisseurs. Prévoir les coûts de palettisation, de conditionnement… permet de réduire à leur minimum les manipulations dans la chaîne d’entreposage.

Optimiser dans l’entrepôt ne suffit plus !

Il faut aller au-delà et diminuer par exemple les immobilisations financières en accélérant les flux. Cela nécessite de dépasser la recherche de performance individuelle. Un exemple, la performance achat est souvent liée à une quantité. Plus l’acheteur achète en gros, plus il réduit son coût… Mais cette action peut considérablement pénaliser le coût logistique. Il doit y avoir un compromis entre l’acheteur et le logisticien. De même, lorsque les services marketing expliquent comment ils voient le marché d’ici deux à trois ans, ils aident la logistique dans leurs missions d’approvisionnement et de distribution.

En logistique, anticiper c’est gagner.

Pour le transport, par exemple, les entreprises travaillent en flux tirés. Elles connaissent le plan de transport. A quel moment aller chez le client ? Et donc tirer la date de préparation de commande en fonction de la date de mise à disposition client (qui correspond à la date d’enlèvement ou à la date de livraison). Lorsque les entreprises travaillent en flux poussés, qu’elles commandent le transport quand tout est préparé, il y a fort à parier que dans certains points de France, la prestation transport sera moins performante tant en termes de délais que de frais d’approche…

Une montée en compétences qu’il faut accompagner, par de la formation, par exemple ?

E.M. : Les métiers touchant la logistique font appel à des compétences de plus en plus pointues. Le logisticien qui avait au départ des compétences opérationnelles devient aujourd’hui un coordinateur, capable de bâtir un compromis, de trouver comment chaque structure de l’organisation de l’entreprise peut contribuer à l’optimisation de la chaîne logistique.

On parle d’ailleurs de plus en plus de « pilote de flux » : le logisticien suit dans l’entreprise tous les flux sur la chaîne auprès des différents acteurs afin d’anticiper tous les blocages, et répondre en temps et en heure aux demandes. Il recherche comment passer d’un mode réactif à un mode proactif ! Pour ce faire, il doit savoir analyser ce qu’il y a dans un incoterm. Les coûts de transport sont-ils inclus ? Comment les optimiser ? Comment acheter auprès du fournisseur ? Etc. – afin de rechercher tous les axes d’optimisation possibles.

Autant de raisons d’accompagner les acteurs de la logistique dans une meilleure prise en main de ces compétences. S’il y a encore quelques années peu de personnes étaient formées, la plupart étant issues du terrain, il est évident que la formation est aujourd’hui indispensable pour aller plus loin encore dans les optimisations possibles…

 

Envie de vous former ?

Optimiser la Supply Chain et réduire les coûts logistiques

Titre RNCP Responsable de la chaîne logistique, 49 jours (réf. XCL)

Parcours certifiant Transport et logistique, 18 jours (réf. ZTL)

 

*Emmanuelle MEYER

Emmanuelle MEYER

Elle a un parcours opérationnel et fonctionnel sur l’ensemble de la Supply Chain internationale, des achats et des approvisionnements fournisseurs à la livraison clients, incluant le management des opérations logistiques (entrepôts, transports, ADV/Service Client, approvisionnements, achats, douane.), dans les secteurs de la pharmacie, de l’automobile, du luxe et des transports et logistique… Elle anime des formations et coache sur l’ensemble des processus de la Supply Chain depuis plus de 15 ans au sein de divers organismes et entreprises industrielles.

 

 

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4 commentaires sur “En logistique, anticiper c’est la clé