Et si on jouait pour mieux apprendre ? 1


Ludopédagogie par ORSYS Formation

Et si on jouait pour mieux apprendre ?

 Serious games, jeux de plateau, jeux agiles… la pédagogie par le jeu revient en force dans les actions de formation. Une solution qui s’avère payante du point de vue de Clarisse Gilbert, ingénieure pédagogique en charge de l’innovation chez ORSYS. Explications…

Ludopédagogie, quèsaco ?

 

Clarisse Gilbert : La ludopédagogie consiste en un apprentissage par le jeu, celui-ci étant un moyen pour transmettre les connaissances et les ancrer différemment auprès des apprenants.

Ce n’est pas nouveau, car même à l’école dans les années 50, un bon instituteur savait introduire le jeu dans son instruction pour faciliter les apprentissages.

Aujourd’hui, la ludopédagogie prend la forme de jeux plateaux, de jeux agiles, de quiz, de jeux de rôle, de Serious Games… où les apprenants auront une situation à interpréter, à imaginer, et devront choisir individuellement ou collectivement.

 

Sur quels mécanismes cognitifs s’appuie-t-elle ?

 

 CG. : Notre cerveau a besoin de latéralité : on ne peut pas uniquement mobiliser sa partie « rationnelle ». Quand ils jouent, les apprenants prennent plus de plaisir. Ils parviennent ainsi à mieux solliciter leurs aptitudes créatives. Le fait, par exemple, de passer par une métaphore pour un exercice permet de les décomplexer, de réduire leur stress et de le transformer en stress positif.

Mais ce ne sont pas les seuls bénéfices de la ludopédagogie… Ces jeux permettent des coupures du rythme d’animation. Ils réveillent la participation des apprenants, remobilisent la concentration, favorisent les échanges. Ils contribuent à la désinhibition des apprenants en les plaçant dans des situations décadrées de leur quotidien professionnel. On atteint, de fait, de nombreux objectifs transverses, bien plus qu’avec un « simple » apprentissage théorique.

Le jeu aide notamment à stimuler la production d’idées et à élaborer de manière collective la réponse. La recherche de différentes solutions sur un problème particulier permet de susciter l’échange. Il s’agit d’un autre type de partage de connaissances et un puissant outil pour développer l’intelligence collective. On crée un climat convivial et propice à l’émulation de groupe. Au final, les apprenants en retirent une expérience enrichie de formation durant laquelle ils ont pris du plaisir en apprenant.

 

Est-ce un effet de mode ?

 

 CG. : Non… C’est surtout une réponse aux demandes notamment des responsables formation qui demandent ce type d’animation pour des populations managériales et plus largement sur des thèmes de développement professionnel. Leur objectif est d’ancrer des connaissances sur des compétences métiers de type achats, marketing, ressources humaines, commercial…

D’ailleurs, les commerciaux sont des populations particulièrement friandes de ce type de format, car ils aiment le challenge, la compétition, l’émulation. C’est donc très facile de stimuler cet esprit de compétitivité par le jeu.

Ludopédagogie par ORSYS Formation

Et si on jouait pour mieux apprendre ?

La ludopédagogie répond de manière plus générale à une demande tant des entreprises que des services formation ou des apprenants. Nous ne sommes plus dans un modèle descendant avec le formateur qui instruit et ses stagiaires qui écoutent, mais bien dans une expérience globale de formation. Les apprenants souhaitent, en plus des apports théoriques, de l’interactif, de l’expérientiel.

Aujourd’hui, quand on suit une formation, on veut vivre une expérience complète. On veut de l’interactivité, du ludique.

 

Comment travaillez-vous sur les formations ORSYS avec ce type de format. Pouvez-vous nous donner des exemples ?

 

 CG. : Nous utilisons par exemple un jeu-plateau avec des cartes pour le stage « Se réconcilier avec l’orthographe par le jeu ». Ici, le jeu va aider à décrisper les apprenants, car, avouons-le, ce n’est pas forcément drôle de réviser ce que l’on aurait dû intégrer à l’école.

Les jeux agiles sont particulièrement adaptés pour la gestion de projet. À l’instar des méthodes éponymes, ces jeux utilisent un canevas, sont très courts, rapides… Ils permettent souvent de revoir les scénarios, de solliciter des mécanismes de réflexion, de faire intervenir la souplesse intellectuelle. Leur mode itératif les rend très puissants. Plusieurs formations chez ORSYS s’appuient sur les jeux agiles, citons par exemple la formation « Le lean et l’agilité au service du leadership managérial », le cours « Développer ses produits et services en mode projet », « Apprentissage de l’agilité par des ateliers jeux instructifs », etc.

Aussi, nous avons recours aux jeux de rôles et à la co-construction, notamment dans la formation « Gestion de projet par l’exemple  ». Les apprenants endossent différents rôles dans une équipe projet, et doivent monter un prototypage de projet avec des LEGO©. Ils rencontrent des imprévus, doivent adapter leur manière de gérer le projet. C’est une formation qui embarque diverses méthodologies pour donner du plaisir à l’apprenant, lui permettre de mieux comprendre via ce biais ludique, et ensuite transposer ses apprentissages dans sa réalité professionnelle.

Enfin, nous utilisons également les ateliers de théâtre, les Serious Games, des jeux de construction. Mais aussi, les quiz avec l’outil Klaxoon notamment… Quelle que soit la technique, nos formations de formateurs s’attachent à évoquer cette panoplie d’outils destinés à enrichir leur pédagogie.

 

Quels conseils donneriez-vous aux formateurs ?

 

CG. : Ces formats ludiques sont nécessaires sur des séquences courtes pour attirer l’attention, mobiliser la concentration et aider la mémorisation. On ne peut pas les utiliser en continu. Ils viennent compléter les méthodes dites « traditionnelles ». Ce sont des outils au service de la panoplie pédagogique du formateur.

Dans tous les cas, la ludopédagogie doit servir un objectif et apporter une plus-value à l’animation. Il ne s’agit en aucun cas d’entrer dans une sorte de gadgétisation de la formation. Il est nécessaire de choisir les métiers, les bons leviers ludiques, et de les utiliser à bon escient. En parallèle, il faut être vigilant au débriefing de ces activités pour bien valider ce que les stagiaires ont appris, ce qu’ils ont intégré, ce qui a posé difficulté. Le feedback doit être bien structuré et focalisé sur les comportements observés.

Par expérience, les consolidations d’activité utilisant des techniques ludiques poussent davantage les apprenants dans leur réflexion et dans la transposition des comportements mis en œuvre en situations professionnelles.

 

Relire aussi : Apprendre en s’amusant !

Formations associées :

■ Ludopédagogie, concevoir et animer des formations par le jeu

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