La concentration : clé de la performance


ORSYS

La concentration : clé de la performance

Par la Rédaction ORSYS

Aujourd’hui, les connexions Internet sont une des bases de travail. Alors quand chacun possède une fenêtre ouverte sur le monde en permanence via (entre autres) son smartphone, il est facile de se laisser distraire à tout moment. Pourquoi et comment garder sa concentration quand le cerveau s’habitue à passer sans cesse d’une tâche à l’autre ?

 

 Comment fonctionne le mécanisme de concentration ?

Se concentrer consiste à inhiber les informations non pertinentes à l’exécution d’une tâche. Ainsi, un déficit de concentration ne signifie pas que l’on ne sait pas porter précisément son attention vers quelque chose. Il dénote plutôt une incapacité à résister aux autres sollicitations qui se présentent à notre esprit.

Ce mécanisme d’inhibition est piloté par le cortex pré-frontal. Selon l’intérêt que nous portons au sujet, il nous demande plus ou moins d’efforts. Mais dans tous les cas, il consomme beaucoup d’énergie. Or notre cerveau tend à s’économiser…Chez un adulte, la durée maximale de concentration optimale est de 45 minutes (avec une diminution sensible dès 30 minutes). Il est ensuite nécessaire de laisser le cerveau se recharger en lui accordant une petite pause, 2 ou 3 minutes suffisent.

Pendant cette pause, on pourra :

  • Ré-oxygéner le cerveau en prenant 3 bonnes respirations abdominales
  • Quitter l’écran des yeux pour que ceux-ci puissent se reposer. Notre mental passe alors en mode : « réseau diffus », c’est-à-dire qu’il défocalise.
  • Changer de posture pour permettre au corps de se relâcher
  • Eventuellement boire de l’eau car notre cerveau est composé en grande part d’eau et a besoin d’être fréquemment réhydraté.

 

Que se passe-t-il si l’on reste sur une tâche pendant plus longtemps ?

Rien de bien visible, mais on encourt quelques risques : commettre des erreurs, devenir plus vulnérable à la distraction, sombrer dans nos travers (par exemple le perfectionnisme), manquer de recul et commencer à douter de notre capacité à mener à bien le travail en cours, ou tout simplement se trouver épuisé en fin de journée.

 

Alors, mieux vaut zapper d’une tâche à l’autre en mode multi-tâches ?

Certainement pas. D’abord parce que notre cerveau n’est pas multi-tâches. Il accomplit une tâche, puis une autre, puis une troisième…Si l’on réalise 3 tâches A, B et C en mode multi-tâches on ne fait pas A, B et C en parallèle mais A puis B puis A puis C puis B puis A etc… En clair, on s’interrompt sans arrêt en passant d’une tâche à l’autre. L’effort de concentration demandé pour revenir à chacune des tâches représente un gaspillage d’énergie considérable et une dépense en temps préjudiciable. Croyant gagner du temps on en perd

Selon la loi de Carlson (1951) : « un travail réalisé en continu prend moins de temps et d’énergie que lorsqu’il est réalisé en plusieurs fois ». Après chaque interruption, qu’elle vienne de l’extérieur ou de soi, il faut en moyenne 3 minutes pour se reconcentrer. On peut facilement imaginer le temps perdu si l’on s’auto-interrompt une dizaine de fois par heure…

 

La part des choses : émotions et pensées, comment faire ?

Notre cortex pré-frontal se trouve dans la couche supérieure du cerveau, le cortex. Sous cette couche, se situe le cerveau limbique, siège de nos émotions ; en dessous encore, le cerveau reptilien, notre cerveau instinctif. Ces 3 couches cervicales ont un ordre de priorité les unes par rapport aux autres. Le reptilien, apparu le premier dans notre évolution est le cerveau prioritaire (heureusement, car c’est lui qui assure notre survie !). Puis vient le cerveau limbique (important car les émotions nous permettent de prendre des décisions et de piloter notre vie). Et enfin le cortex.

ORSYS

La concentration : clé de la performance

Lorsque nous sommes perturbés par une émotion, ou même une préoccupation, nous nous trouvons dans la zone limbique et l’accès à notre concentration devient très difficile. Même chose bien entendu si nous avons très faim, ou très froid (domaines du cerveau reptilien).

Pour pouvoir calmer le cerveau limbique et retrouver le chemin de la concentration, il est inutile de se répéter des phrases typiquement corticales telles que « calme-toi ! », « ressaisis-toi », pratiquement sans effet sur le cerveau limbique. Mieux vaut faire appel au cerveau reptilien et à la seule fonction sur laquelle nous pouvons agir dans cette zone instinctive : la respiration. Une respiration calme enverra un signal apaisant au cerveau limbique et le cortex pré-frontal pourra de nouveau fonctionner.

 

L’automotivation : les techniques

Pour chacun d’entre nous, la concentration est liée à l’intérêt. Donc, elle est difficile à mobiliser sur des tâches fastidieuses. Face à ce problème, il est important de ne pas se laisser aller aux pensées négatives : « je déteste faire ça », « ce n’est pas à moi de le faire ». Elles nous entraînent vers l’affect et donc vers le cerveau limbique…

Mieux vaut avoir recours aux ressorts de l’automotivation. Se rappeler que ce reporting à réaliser fait partie de nos missions, et qu’il existe dans toute profession des tâches plus ou moins intéressantes qui forment un tout constituant notre métier.  On peut également se remobiliser en pensant à la satisfaction d’avoir effectué cette tâche. Par exemple en se projetant mentalement sur la tâche réalisée et les sentiments positifs qui en découleront : satisfaction, soulagement…

Et si tout cela ne nous convainc pas, il nous reste à faire appel au circuit de la récompense. En libérant de la dopamine favorise naturellement la concentration. Se promettre une récompense une fois la tâche achevée (par exemple : un café, un carré de chocolat, un coup de fil, regarder ses emails…) et surtout s’y tenir ! Si nous ne lui donnons pas sa récompense, notre cerveau ne nous suivra pas la prochaine fois…

 

Comment s’organiser : outils, techniques ?

On peut optimiser sa concentration en prenant en compte les contraintes de durée de celle-ci et le fait que le circuit de la récompense booste la concentration. En planifiant son travail par tranches de 45 minutes, on s’assure de ne pas dépasser la durée limite de notre concentration et on joue avec le circuit de la récompense.

Le principe : diviser l’ensemble des tâches à réaliser dans la journée par « tranches » de 45 minutes en se fixant une récompense à la fin de chaque tranche (en plus des exercices évoqués plus haut, pas à la place…). Cette alternance entre phase de travail et phase de récompense est extrêmement bénéfique pour la concentration. Elle prend en compte tout ce dont notre cerveau a besoin pour être efficace : se fixer des durées et des objectifs précis, envisager une récompense, et récupérer régulièrement.

La concentration est la clé de l’efficacité. Elle permet un travail plus soutenu et intense sur des périodes relativement courtes pour une tâche.  Sa bonne gestion est donc fondamentale aussi bien pour le bien-être personnel au travail que pour le bon fonctionnement d’une entreprise dans son ensemble.

 

ORSYS

Cécile Vilatte

Article réalisé avec Cécile Vilatte : formatrice et sophrologue, elle est spécialisée dans le développement de la concentration et de la mémoire. Elle a écrit le livre Booster votre mémoire, publié en 2014 aux éditions Prat.

 

 

Formations associées :

Développer votre concentration

Efficacité professionnelle

Améliorer son organisation personnelle

Développement personnel, les meilleures pratiques

 

Share

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *