Le Chief Happiness Officer fait-il notre bonheur ? 2


Le Chief Happiness Officer fait-il notre bonheur ?

Par la Rédaction ORSYS

 

Fini le temps où les salariés regardaient l’horloge en attendant l’heure de rentrer à la maison. Le mot d’ordre dans l’entreprise est désormais « bonheur ». Si l’on parlait il y a encore quelques années de risques psychosociaux, force est de constater que la bienveillance, le bien-être au travail sont devenus les mots clés de l’organisation !

 

La crise économique est en effet passée par là, impactant de plein fouet l’entreprise qui s’est vue menacée de nouvelles pressions commerciales, voire de disparition avec l’ubérisation. Les souffrances au travail qui en ont découlé, mais aussi l’arrivée de la génération Y, aspirant à plus de bien-être, ont totalement remis en cause le modèle traditionnel de l’organisation, aux relations hiérarchisées. Elles placent au-devant de la scène le lien entre travail et bien-être au travail. Les études statistiques démontrent parfaitement que plus on est heureux au travail, moins on est absent, plus on devient créatif, coopératif…

 

Le Chief Happiness Officer, nouveau communicant de l’entreprise ?

Alors les entreprises se sont mises à recruter des Chief Happiness Officer (CHO). Ils veillent au bien-être de leurs employés. Et voici qu’apparaissent les chouquettes aux réunions, les célébrations d’anniversaires, l’installation de table de ping-pong, que les bureaux design remplacent les vieux mobiliers, qu’un coach sportif nous aide à nous détendre… Mais résumer ce poste à ces quelques « artifices » serait dénigrer une véritable profession.

Car être CHO demande du temps et de l’organisation. En effet, celui-ci prend en charge et crée les conditions dans lesquelles les salariés trouveront du bien-être ; il organise les événements en conséquence ; il veille à la convivialité des espaces de travail, et met en place les conditions d’une culture du travail positive.

Un rôle qui mixe tant des compétences en communication – faire circuler l’information entre les collaborateurs et la direction –, ressources humaines – observer les processus de recrutement et d’intégration des nouveaux collaborateurs –, que d’organisation – remettre en cause les process de l’entreprise pour plus de fluidité dans les relations. Le CHO est définitivement un multitâche qui doit savoir identifier les problèmes avant qu’ils ne prennent de l’ampleur. C’est un empathique à l’humeur constante qui sait prendre du recul.

 

Le bouquet de fleurs remplace-t-il l’augmentation de salaire ?

Cette mission, si elle doit permettre à terme de « pacifier » l’entreprise, n’est pas sans la bouleverser. Et quelques années après l’apparition du premier CHO, concept créé par Chade-Meng Tan, ingénieur américain Google, devenu premier M. « Bonheur-au-travail », le modèle est déjà critiqué. Peut-on réellement rendre les salariés heureux, le bouquet de fleurs remplace-t-il l’augmentation de salaire tant espérée ?

Le Chief Happiness Officer fait-il notre bonheur ?

Tous s’accordent à dire que le CHO n’est pas le responsable des ressources humaines. C’est un facilitateur, un lanceur d’alerte qui doit travailler en totale confiance avec la direction, et en étroite collaboration avec les ressources humaines et la communication interne de l’entreprise. Car le CHO n’est pas un magicien. En effet, si des problèmes de management existent, il ne peut être le pansement qui cache la plaie. Il est un soutien pour les salariés. Mais il ne peut être en charge de la construction de la cohésion d’équipe à la place des managers. En revanche, il peut la renforcer en apportant du bien-être.

 

Une injonction parfois difficile à vivre

Le CHO doit alors veiller à ce que chaque action entre dans le cadre d’une démarche globale. En effet, elle doit être cohérente avec la culture de l’entreprise, et nécessite un réel pilotage. Car vouloir à tout prix être heureux en entreprise pourrait avoir des effets délétères. Les injonctions au bonheur sont parfois lourdes à porter pour celui qui ne saute pas de joie à l’idée d’une partie de baby-foot. Vite montré du doigt, le salarié « rabat-joie » peut très vite être exclu du groupe. Or, avons-nous envie des mêmes ambiances au travail ?

De plus, créer les conditions de bien-être ne doit pas être synonyme de surinvestissement professionnel ou d’une présence plus importante devant son poste de travail… Le CHO doit savoir rappeler que le bonheur est bien une notion individuelle qui n’est pas forcément construite uniquement dans une dimension collective. Il sera également attentif à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée : l’épanouissement des salariés ne devant pas être une excuse pour les mener à l’épuisement.

 

Bonheur au travail ou « happiness washing » ?

D’ailleurs, l’aviez-vous remarqué : jamais on n’a autant parlé d’humain dans l’organisation et, en parallèle, de burnout ! Ne nous le cachons pas, la création d’un tel poste en entreprise représente un bel argument de communication : la présence d’un CHO signale au monde extérieur la capacité de l’organisation à savoir gérer la qualité de ses relations, à entretenir la bienveillance avec ses collaborateurs et, par ricochet, avec sa clientèle.

Mais, gare si les discours ne se vérifient pas dans les faits : les salariés ne sont pas dupes et pardonneront peu aux entreprises pratiquant le happiness washing. Ainsi, à l’instar du greenwashing, qui a fini par s’estomper dans les organisations pour laisser place à de vraies démarches responsables, il y a fort à parier que le happiness washing disparaîtra, pour faire émerger une véritable démarche de bonheur au travail.

 

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