Quelles sont les tendances pour SQL Server ?


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Quelles sont les tendances pour SQL Server ?

Par Rudi BRUCHEZ*

Après trente ans d’existence, SQL Server est devenu un produit très riche. Que nous réserve l’avenir en termes de fonctionnalités et de rythme des mises à jour ?

SQL Server, en constante évolution

SQL Server, le Système de Gestion de Bases de Données Relationnelles (SGBDR) de Microsoft a maintenant plus de trente ans. C’est en effet en 1988 que Microsoft s’est allié avec Sybase et Ashton-Tate. Et cela pour développer une variante de Sybase pour OS/2.

Depuis, et surtout à partir de SQL Server 2005, qui fut une révolution tant pour les fonctionnalités que pour l’architecture interne, Microsoft n’a cessé de renforcer et d’enrichir ce qui est devenu le troisième SGBD selon le classement de popularité de db-engines.

Voyons alors quelles ont été les tendances récentes et ce que cela peut augurer pour les versions à venir.

Méfiez-vous des nouvelles fonctionnalités

Depuis 2005, à cause d’une longue période de développement entre 2000 et 2005, Microsoft a décidé d’un rythme de sortie de deux ans. Il s’y est tenu pendant une décennie : 2008, 2008 R2 en 2010, 2012, 2014 et 2016. Certaines versions ont été plus généreuses que d’autres, et chacune a proposé une ou deux nouveautés phares :

  • AlwaysOn Availability Groups pour SQL Server 2012
  • In-Memory OLTP pour SQL Server 2014
  • Query Store pour SQL Server 2016.

Ce rythme s’est accéléré l’an dernier, pour une raison spéciale : le port de SQL Server sur Linux, que j’ai déjà évoqué dans cet article.

Avec l’expérience, on peut aussi identifier un schéma récurrent. Lorsqu’une nouvelle fonctionnalité, en tout cas lorsqu’elle touche les développeurs, est mise en production, elle l’est dans une sorte de pré-version alléchante mais inachevée. Cela fut le cas de l’indexation ColumnStore en SQL Server 2012. L’indexation de ce type forçait la table en lecture seule. Les équipes de développement de Microsoft n’avaient pas eu le temps de mettre au point un mécanisme de mise à jour suffisamment performant.

Même problématique pour les tables In-Memory en SQL Server 2014. De nombreuses limites de syntaxes les rendaient pratiquement inutilisables dans cette première version. Le problème se présente aujourd’hui avec les tables de graphes en SQL Server 2017, où – c’est le comble ! – les algorithmes de traversées de graphes qui fondent ce type de structure, sont absents. La traduction française de la fonctionnalité est même tristement comique : « tables graphiques »…

tables graphiques - SQLOn a vraiment l’impression d’une pré-version passée en production, et on pourrait soupçonner une stratégie de « tâtage de terrain ». Y a-t-il une valeur forte à intégrer cette fonctionnalité dans SQL Server. Ou s’agit-il de remplir une case manquante, pour dire « nous l’avons fait » et pour évaluer ensuite l’intérêt des clients, qui déterminera l’effort déployé ensuite dans l’enrichissement de la fonctionnalité ?

Le piège des premières versions

En fait, le rythme de sortie de deux ans est un piège. Ainsi poussé à justifier une nouvelle version, Microsoft inclut des fonctionnalités majeures dans une étape de conception intermédiaire. Cela ressemble donc à une forme d’intégration continue directement en production.

Mais les temps ont changé depuis 2005. Ainsi, le mode de distribution des logiciels a évolué, le Cloud a pris ses marques. Et d’autres éditeurs comme Adobe ont misé sur des formules d’abonnement et de mises à jour continues. Microsoft a fait de même avec Office 365 et ses offres de type plateforme en service (PaaS) et base de données en service (DaaS) telles que SQL Azure ou CosmosDB.

Lorsque vous hébergez vos données dans Azure, vous pouvez choisir d’activer des fonctionnalités en préversion, et elles sont améliorées au fil du temps, sans action de votre part. Vous profitez donc automatiquement des corrections et des évolutions. Il est logique que Microsoft aille dans ce sens aussi pour les serveurs on premise (qui sont physiquement chez vous, et non dans le Cloud) et pousse vers une forme de mise à jour continue.

Pour revenir sur l’intégration des tables graphes, cela dessine une tendance de fond. Sous la pression des modèles alternatifs de données, que l’on présente souvent sous le terme générique de NoSQL, SQL Server se projette comme un SGBD multi-modèles en devenir. Moteur orienté colonnes avec ColumnStore, moteur en mémoire avec In-Memory OLTP, moteur orienté graphes, intégration préliminaire du JSON en 2016, allant peut-être vers un traitement plus natif des documents JSON dans l’avenir. CosmosDB, la très intéressante base de données multi-modèles sur Azure illustre cette tendance.

En résumé…

Les tendances évidentes sont les suivantes : continuation de la stratégie hybride Cloud, donc plus grande intégration avec SQL Azure, ajout de modèles de données alternatifs, changement des rythmes de mises à jour et évolution vers un modèle d’abonnement… tout cela si les clients suivent, bien sûr.

Formations SQL Server

Et notamment : les nouveautés de SQL Server 2014, les nouveautés de SQL Server 2016.

Formation Azure : http://www.orsys.fr/formation-infrastructure-Microsoft-Azure.asp

 

Rudi Brucher - Intervenant ORSYS

*Rudi BRUCHEZ

MCDBA, MCITP, MCSA, consultant senior et expert en bases de données possédant plus de 20 ans d’expérience dans le domaine. Il assure des missions de conseil, d’architecture, de développement, d’administration, d’audit et de formation autour de Microsoft SQL Server et des solutions NoSQL. Fort d’une longue et riche expérience terrain, il s’est spécialisé au fil du temps sur l’optimisation SQL Server. Il est auteur de plusieurs ouvrages en français et en anglais, Il participe à des évènements communautaires, et réalise de nombreuses formations vidéo.

 

 

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