Droit à la déconnexion : une affaire de bien-être autant que de performance


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Droit à la déconnexion - ORSYS

 

Depuis la Loi Travail de juillet 2016 mise en application le 1er janvier 2017, il existe le droit à la déconnexion. La Loi Travail a, entre autres buts, l’objectif d’adapter le droit du travail à l’ère du digital. Pourquoi était-elle nécessaire ? Et à quels besoins répond-elle ?

Le digital au quotidien

Il suffit de vous demander quand était votre dernière journée sans appareil connecté, ou même simplement sans téléphone. À cette simple réponse, la problématique de l’hyperconnexion fait écho chez la plupart des gens.

Que ce soit dans notre vie personnelle ou notre vie professionnelle, nous sommes maintenant entourés d’appareils numériques et connectés : téléphone, ordinateur, tablette, réfrigérateur, téléviseur, montre… Ces appareils qui concentrent nos vies et nous notifient pour toutes sortes de choses rendent toujours plus poreuse la frontière entre ces vies personnelle et professionnelle. Ainsi donc, il en va de ce fragile équilibre. Le problème ne devient plus la connexion mais l’hyperconnexion. On apprécie tous la facilité des échanges d’informations, la rapidité des communications, la praticité des nouvelles technologies. Mais en rendant tout plus facile et plus accessible, ces nouvelles technologies génèrent des habitudes ou des comportements qui font vaciller notre équilibre.

Une affaire de bien-être et de performance

Le droit à la déconnexion combine les intérêts de tous. Ceux des entreprises parce que c’est une affaire de performance, et ceux des salariés parce que c’est une affaire de bien-être.

Il faut d’abord garder à l’esprit que l’entreprise a l’obligation de pourvoir au bien-être de ses collaborateurs mais aussi que ces derniers ont l’obligation de veiller au bien-être entre eux.

Or cette hyperconnectivité entraîne une surcharge informationnelle et développe la culpabilité numérique (l’impression de devoir répondre à une information). C’est l’apparition du technostress. Et qui dit stress, dit détérioration du climat et des relations interpersonnelles. La suite logique, ce sont les Risques Psycho-Sociaux (RPS). Cette surcharge informationnelle dans l’entreprise est essentiellement conduite par les boîtes mails. À titre d’exemple, 80% des emails sont générés par 20% des salariés. De même, l’entreprise doit prendre conscience que le traitement de ces emails est une vraie problématique de gestion de temps. En effet, certaines entreprises voient leurs salariés passer 30, 40 voire 50% de leur temps à traiter des emails. Quand on sait qu’un salarié consulte sa boîte environ toutes les 15 minutes, on imagine aisément la question de la rentabilité faire surface.

En plus de cette surcharge informationnelle, l’hyperconnectivité rend floue la frontière entre le travail et la maison. C’est-à-dire que les informations de l’un arrivent à l’autre et inversement. Et ce, à toute heure du jour et de la nuit puisque c’est le principe d’être connecté.

Comment structurer son droit à la déconnexion ?

Cette loi est donc nécessaire, au moins pour aider à la prise de conscience et amorcer un passage à l’acte dans toutes les entreprises. Moins que la technologie, c’est donc plutôt notre comportement qu’il faut faire évoluer. Cette prise de conscience doit conduire vers de nouvelles habitudes. Mais comment faire ? Rien que sur la question de la boîte mails, il y a une quantité de petites actions qu’il est possible d’entreprendre pour amorcer la déconnexion :

  • Organiser les messageries
  • Former les salariés à ces outils
  • Suivre les connexions hors temps de travail
  • Sensibiliser les collaborateurs (fiches, guides…)
  • Faire respecter le temps de repos effectif autant que le temps de travail effectif
  • Instaurer des journées complètement sans emails
  • Bloquer les serveurs la nuit (plage de 20h à 7h, par exemple)
  • Règle des 3 mails (un échange de plus de trois emails est le signe qu’il est grand temps de se parler).

Les actions peuvent aller jusqu’à interdire les portables en réunion, un travail sur l’ergonomie (écrans…). Mais tout ceci nécessite une sensibilisation de l’ensemble des salariés et des dirigeants. Le droit à la déconnexion s’accompagne d’un travail de fond sur les habitudes de consommation du numérique.

Laissant beaucoup de liberté aux entreprises, l’article du droit à la déconnexion donne l’opportunité à celles-ci d’ouvrir un réel dialogue avec leurs salariés et d’aboutir à une charte, un compromis correspondant au maximum aux besoins de tous. Ce dialogue est l’occasion pour chacun de se saisir du sujet et de prendre conscience des risques d’une hyperconnexion et du sens d’un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

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