La bienveillance, du concept à la norme


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La bienveillance, du concept à la norme

 

 Par la Rédaction ORSYS

Bienveillance : voici l’un des mots les plus utilisés au cours de l’année 2017. Au-delà de l’effet « tendance », cette vertu doit – pour produire l’effet attendu dans un monde professionnel particulièrement sous pression – abandonner ses apparats de concept et devenir réalité. Car outre les effets de com’, il existe bien une réelle démarche de fond à entreprendre…

La bienveillance ? Une nécessité…

Gentillesse, empathie, altruisme, respect… La bienveillance inspire de nombreux autres substantifs. L’entreprise qui, pendant des années, a veillé à combler les besoins des consommateurs se recentrerait donc aujourd’hui sur ses salariés. Il est vrai que l’urgence est au rendez-vous : conditions de travail qui se dégradent, pression accrue… Le stress en entreprise (renvoyer vers les guides quand publiés), frein à la motivation des salariés, reste une grande préoccupation. Sans décrire un tableau des plus sombres, les chiffres parlent d’eux-mêmes. 60 % des Français se disent aujourd’hui soumis à des facteurs de stress, contre 40 % en 20062.

Or, le stress au travail constitue l’une des causes majeures de dépression et de fatigue intellectuelle, le burn out étant sa manifestation extrême. Pas moins de 3 millions de Français3 seraient exposés au burn out. Et si la santé des individus est atteinte, inutile de spécifier que notre porte-monnaie l’est aussi. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) évalue le coût du stress en France entre 2 et 3 milliards d’euros par an. Et le Bureau International du Travail (BIT) estime que l’absentéisme et le turnover liés au stress représentent 3 à 4 % du PIB des pays industrialisés !

Beaucoup en parlent, peu la pratiquent…

Alors, dans un monde plutôt individualiste, l’entreprise cherche à devenir « gentille ». Elle intime au management de sourire aux collaborateurs, elle met en place des cours de yoga, elle aménage des bureaux plus ouverts, décorés « comme à la maison », elle crée des postes de Chief Happiness Officer… Le tout afin de se montrer sous ses plus beaux atours. Car, ne l’oublions pas, une entreprise bienveillante attire un plus grand nombre de jeunes talents !

Mais il n’est pas rare de voir que, dans la même entreprise qui se targue de bienveillance à coups de communication, des emails  sont envoyés le weekend, des réunions s’éternisent après 18 heures, ou un collaborateur qui ne s’est pas montré suffisamment engagé se voit censuré.

Certes, il est aisé de faire de la bienveillance un concept marketing couché sur une belle charte d’entreprise imprimée sur papier brillant… Mais attention au revers de la médaille ! Avec les réseaux sociaux, la réputation de l’entreprise (marque employeur) va aujourd’hui à une vitesse fulgurante. Et, ne l’oublions pas, en 2030, les générations Y et Z, particulièrement exigeantes en termes de bien-être au travail, représenteront 70 % de la population active française.

Bienveillant, bien préparé

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La bienveillance, du concept à la norme

orLa bienveillance ne doit en aucun cas être un concept, mais bien un acte de management fondateur de la stratégie d’entreprise, dont s’empare le top management avant même de l’impulser aux managers. C’est avant tout une invitation à gérer ses relations au travail autrement, à apporter du sens au travail, et à réconcilier accomplissement individuel et intérêt collectif.

Si l’on voulait alors définir ce qu’est un manager bienveillant, on évoquerait un management constructif où les relations de travail seraient empreintes d’authenticité, d’écoute, de respect, de coopération… Pour chercher une solution satisfaisant les attentes de chacun.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui : répondre aux attentes des salariés. Si l’entreprise était encore, il y a quelques années, un moyen de pourvoir à ses besoins « primaires » de sécurité (manger, dormir, vivre sous un toit…), c’est-à-dire le bas de la pyramide de Maslow, les salariés souhaitent maintenant qu’elle les accompagne vers le haut de la pyramide – besoin d’appartenance, d’accomplissement, d’épanouissement. 

La bienveillance ne doit pas être uniquement un effet de mode

Le manager bienveillant pratique à la fois l’écoute active sans pour autant être intrusif. Il est empathique sans pour autant laisser déborder l’émotionnel. Il veille au bien-être de ses collaborateurs, et notamment à l’équilibre de leur vie personnelle et professionnelle. Tout en les encourageant à être autonomes afin de favoriser la créativité de tous.

Le manager bienveillant sait reconnaître le droit à l’erreur, pour les autres comme pour lui. Il promeut les différences, la diversité de compétences, de parcours de vie, refuse toute discrimination… Il s’adapte à chacun qu’il reconnaît comme un collaborateur unique.

Bref, autant d’actions à entreprendre pour éviter que la bienveillance ne soit qu’un effet de mode ou une utopie de Bisounours !

 

  1. Étude de Cécile Alduy, professeure de littérature à Standford, chercheuse au Cevipof et auteure de Ce qu’ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots (Seuil), et Bernard Cerquiglini, professeur de linguistique à l’université Paris VII.
  2. « Panorama du bien-être au travail en France», réalisé par Deloitte et Cadremploi (2015)
  3. Étude du cabinet Technologia, publiée en mai 2014.

 

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Pratiquer le management bienveillant (Réf. BIE )

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