La Green Tech est-elle la réponse à la pollution numérique ?   Mise à jour récente !


Share Button

Par la rédaction ORSYS

Pollution Numérique - ORSYS

Le saviez-vous ? Le numérique pollue. De vos milliers d’emails  jamais supprimés aux énergivores data centers, l’empreinte carbone du numérique n’a jamais été aussi élevée. Dans ce contexte, les alternatives écologiques de la « Green Tech » peuvent-elles changer nos usages ?

Nous vivons une époque formidable. Quand, à l’époque de L’Auberge Espagnole, partir en Erasmus à Barcelone était synonyme d’exil, nous communiquons aujourd’hui pendant des heures à chaque coin de la planète grâce à Skype, WhatsApp ou Messenger. Nous stockons toutes nos vies en photos dans le Cloud, regardons nos émissions en replay… Et tous nos appareils, de la TV au Smartphone en passant par la montre, sont connectés. Bref. Le numérique a changé nos vies, semble-t-il, pour le meilleur.

Et pourtant – car il y a un « Et pourtant » –, il est en passe de polluer autant que le secteur de l’aviation civile. Aïe. On ne l’avait pas vue venir, celle-ci.

Il est d’ailleurs suggéré que c’est parce qu’elle ne se voit pas que le grand public n’en mesure pas l’impact. Mais la pollution numérique est une réalité : le secteur numérique représente aujourd’hui près de 4% des émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau mondial.

La pollution numérique, un enjeu écologique majeur… et méconnu

Comment sensibiliser la population à une forme de pollution massive, mais invisible ? Il est moins difficile de voir le problème avec une usine qui déverse ses déchets toxiques dans les rivières, que de se représenter à quel point une boîte de spams consomme de l’énergie.

Car pour chaque donnée conservée ou recherchée sur Google, ce sont des milliards de données qui font tourner les data centers (centres de stockage de données) à plein régime. Héberger et traiter ces données nécessite une grande consommation d’énergie. Sans compter qu’un serveur dégage de la chaleur et qu’il faut donc le refroidir. Alors imaginez une salle de serveurs, entre surchauffe et climatisation 24h/24.

Le volume, déjà considérable, de toutes ces données (ce que l’on appelle le Big Data) ne cesse d’augmenter. Ainsi, l’activité de nos Smartphones, ordinateurs, objets connectés et des data centers et réseaux représente près de 10% de la consommation mondiale d’électricité.

Cependant, la pollution numérique ne concerne pas que les usages en ligne. On distingue un aspect matériel qui vient tout aussi bien aggraver l’empreinte carbone du numérique : la fabrication des matériaux informatiques. Nos objets du quotidien nécessitent une quantité astronomique de matériaux polluants, parfois rare. Des ressources naturelles non renouvelables qui sont extraites et traitées de façon tout aussi peu éthiques.

Une information qui fait d’autant plus grincer des dents quand on pense à l’obsolescence programmée.

La Green Tech : entre révolution numérique et transition écologique

Contre cette pollution, des solutions existent – ou, du moins, commencent à devenir une préoccupation au niveau mondial. Car si nous avons tous, en tant qu’individus, notre part de responsabilité dans nos usages numériques, c’est à l’échelle des entreprises que se feront potentiellement les plus gros changements.

C’est pourquoi l’on parle de « Green Tech » (aussi appelée « Clean Tech »). Ce mouvement repose sur l’idée d’une technologie de demain écologique, éthique, respectueuse de l’environnement et au moins aussi performante que les technologies actuelles. D’un système de production de masse ayant un impact désastreux sur la planète, on effectuerait une transition vers un système énergétique durable… Et ce, grâce à la révolution numérique. Vous avez dit paradoxal ?

Pas tant que ça. L’idée derrière la Green Tech n’est pas de rejeter le digital, bien au contraire. Mais de le mettre au service de la transition écologique. C’est d’ailleurs à ce titre que le ministère de l’environnement de l’énergie et de la mer a inauguré en 2016 la GreenTech Verte, un incubateur qui vise à accompagner des projets d’entreprises allant dans le sens du développement durable.

Sa vocation rejoint celle du mouvement général, c’est-à-dire de façonner de nouveaux usages « grâce à l’exploitation de données ouvertes et aux outils numériques ». Une pratique qui serait tel un  « accélérateur d’innovations technologiques [et] créateur de richesses et d’emplois ».

Pour un digital responsable

On comprend donc que les entreprises aient tout intérêt à rejoindre le mouvement. La rencontre de la transition écologique avec la révolution numérique représente non seulement un intérêt pour lutter contre la pollution, mais possède également un potentiel important pour notre économie. Une entreprise qui n’opère pas un changement de cap vers les valeurs de la Green Tech aujourd’hui perd fatalement en attractivité.

Ce que les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon…), dont la consommation d’énergie est considérable, ont bien compris. Google, par exemple, met en avant ses efforts en tant que premier acheteur d’énergies renouvelables dans le monde. Malheureusement, comme le souligne un article de Laure Beaudonnet sur 20minutes, les géants du numérique ne sont pas encore à la hauteur des enjeux numériques. Car si le recours aux énergies renouvelables augmente, la consommation énergétique du numérique augmente aussi (8,5% par an selon une étude de The Shift Project, et ce n’est pas fini).

Dans l’état actuel des choses, la Green Tech ne parvient donc pas à contrer l’impact de la pollution numérique. Il faudra ce que les experts du climat de l’ONU (Giec) appellent des transformations « sans précédent » dans nos usages énergétiques pour réduire considérablement les émissions de GES. Mais, dans le même temps, cela signifie que les efforts doivent se poursuivre à tous les niveaux. Les entreprises de toutes tailles doivent mettre en place des solutions respectueuses de l’environnement, et honorer leur responsabilité sociétale.

En ne perdant pas de vue que l’objectif n’est pas de se détourner du digital, mais de repenser sa façon de l’utiliser. Alternatives solidaires, Intelligence Artificielle, bonnes pratiques… Bref, un digital responsable. En cela, au moins, la Green Tech est une bonne réponse. Un début de réponse.

Pour vous former

Share Button

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *