Gérer un collaborateur stressé

Cartoon illustration of bad coworker situation at work. Woman wo

Dans le cadre de l’entreprise, le stress professionnel n’est pas une conséquence propre à la charge de travail ni d’un management par la performance. Il fait irruption dans l’environnement professionnel par le biais d’un collaborateur qui le gère mal ou peu. Marie Delafont, consultante en développement personnel nous donne quelques éléments pour appréhender le stress d’un collaborateur.

Le collaborateur et son stress

 

La première démarche est de comprendre quelle est la perception du collaborateur sur son propre stress. Il peut en avoir conscience ou, plus probablement, ne pas s’en rendre compte. L’émergence du stress peut être lente et plus ou moins flagrante.

La première attitude face à son propre stress étant le déni, il est parfois compliqué pour une équipe de mettre en avant les répercussions qu’il peut avoir sur l’équipe.

Il existe pourtant des signes qui ne trompent pas, comme la négativité, les maux de tête et de dos fréquents, l’anorexie ou la boulimie, des phobies ou un comportement péremptoire et/ou agressif. Une équipe réceptive au stress d’un collègue verra poindre une mauvaise humeur générale, plus de difficultés de concentration, moins d’enthousiasme dans les tâches à accomplir ou encore de l’irritabilité. La cohésion d’équipe s’atténuera laissant davantage de place aux scissions mais aussi au stress du collaborateur. Il est donc important de comprendre ce stress pour l’endiguer au maximum et garder un bon esprit d’équipe bénéfique pour le travail comme pour le bien-être de chacun.

Stratégie de gestion du stress d’un collaborateur

 

07-03-14Il s’agit avant tout de s’en préserver. Quelques mécanismes simples permettent de désamorcer l’influence du stress d’un collaborateur :

– Rire, tourner certains aspects en dérision tout en ménageant les susceptibilités

– Respirer profondément avant de réagir sous le coup de l’agacement

– Demander la mise en place d’atelier sur la gestion du stress

– Accepter de ne pas avoir le dernier mot à tout prix

Toutefois les axes de travail les plus importants concernent le rapport humain. Il faut exprimer de façon claire ce qui pose problème dans le comportement stressant. La communication reste le meilleur moyen de concentrer les efforts sur la compréhension. Elle permet de garder et d’ouvrir le dialogue plus que le jugement. Cela signifie faire preuve d’empathie et demander en quoi on peut aider. Se montrer assertif en exprimant les difficultés que le stress génère chez soi. C’est essayer de confronter l’autre à ses propres difficultés.

Dans une gestion d’équipe, lorsqu’un manager doit faire face à un collaborateur stressé, il a plusieurs moyens de procéder pour réduire les effets du stress et peut-être le stress lui-même.

Etre bienveillant est le premier levier du manager. Sans perdre les objectifs et la productivité de vue, il doit manager par la personne plus que par l’équipe en se montrant soucieux de chacun. Il doit favoriser la confiance en soi de ses collaborateurs, faire preuve de reconnaissance quand cela se présente.

Par ailleurs, le manager peut mettre en place certains mécanismes et opportunités qui permettent à son équipe de « décharger » un stress accumulé.

Pour l’ensemble de l’équipe :

– Traiter les employés équitablement

– Instituer des programmes de mieux-être et de santé au travail

– Prendre le stress au sérieux

– Réfléchir à l’organisation du travail qui permette à chacun de remplir ses objectifs

Se concentrer sur le collaborateur stressé :

– Etre attentif aux signes de stress

– Instituer des moments d’équipe pour renforcer la cohésion

– Etre clair à l’égard des attentes liées au travail

Quand c’est le manager qui stresse

 

stressParmi les facteurs de stress, un cas de figure particulier mais non négligeable : le manager stressé. Il transmet son stress à son équipe et, par conséquent, entraîne une baisse de performance.

Comme pour un collaborateur, le meilleur réflexe est de ne pas juger le manager mais de chercher à le comprendre. Le manager doit aussi rendre des comptes, répondre à des ordres et remplir des objectifs. Le plus souvent, à travers son équipe. Mais le manager stressé, c’est celui qui manque aussi de reconnaissance. De la part de sa propre hiérarchie mais aussi peut-être de la part de son équipe. La reconnaissance est le moteur de la confiance en soi, c’est aussi valable pour les dirigeants et les managers.

La difficulté dans ce cas, c’est la position de l’équipe. Elle doit s’accorder la possibilité de se positionner de façon assertive face à son manager et pouvoir exprimer une critique vis-à-vis de lui. Comme pour les collaborateurs, le bénéfice de s’exprimer est important. Le manager raisonne souvent en termes d’objectifs. Exprimer le malaise revient à donner la possibilité au manager stressé de comprendre qu’il est une entrave au bon travail de l’équipe et qu’il doit changer pour améliorer les performances globales. Il aura tendance à valoriser la démarche axée sur la communication et pourra trouver un moyen de transformer cette pression qui, à court terme, peut être un levier d’efficacité (le « bon » stress).

En d’autres termes, il est important d’être à l’écoute de la détresse éventuelle et de montrer du soutien. La bienveillance et la reconnaissance professionnelle sont les aspects les plus importants de la relation de travail qui permettent d’endiguer le stress. La responsabilité de chacun des collaborateurs est celle de la communication sur les difficultés qui y sont liées.

Relire le premier article de ce dossier « GESTION DU STRESS » : Identifier et gérer le stress professionnel

 

delafont

 

Diplômée en droit et formée au conservatoire puis au cours Florent, Marie DELAFONT met à profit depuis plusieurs années ses techniques théâtrales et son parcours atypique pour la formation en entreprise et notamment sur le management, la communication, l’efficacité professionnelle, la vente et les techniques de négociation tout autant que le développement personnel et particulièrement    la gestion du stress.

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Commentaires

10 réponses à Gérer un collaborateur stressé

  1. leonetti dit :

    la communication non violente peut être également une bonne entrée en matière pour engager un dialogue bienveillant, respectueux des besoins de chacun et constructif.

  2. Kimroad dit :

    Dans le cadre du Lean Management qui a été totalement incompris je ne suis pas d’accord avec :
    « Dans le cadre de l’entreprise, le stress professionnel n’est pas une conséquence propre à la charge de travail ni d’un management par la performance. »
    Je sais de quoi je parle : avant mon épuisement professionnel ( qui a été une consequence d’une opération chirurgicale mais sans beaucoup de repos derrière ) je recevais 1 800 mails par jour.
    Et pourtant je croyais savoir gérer mon stress mais il suffit d’un grain de sable pour que tout bascule.
    Une machine a ses limites, l’humain aussi.
    je suis d’accord avec le reste de l’article.

  3. SEGOR dit :

    bonjour,
    merci pour cet article très intéressant, car la gestion du stress au travail n’est pas suffisamment
    prise en compte dans le monde de l’entreprise.
    il y a encore beaucoup à faire
    je suis sûre qu’une meilleure gestion du stress fait gagner du temps, et éviter les situations conflictuelles et génère une meilleure productivité grâce au bien être.

    bravo et encore merci pour cette article

  4. Lherbier dit :

    Bonjour et merci pour cet article particulièrement intéressant.
    Bravo.
    Catherine

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